debout

Il paraît que l’amour peut donner des ailes

Mais j’ai découvert qu’il pouvait devenir mortel

 

Telle une araignée tu as tissé ta toile autour de moi

Pour qu’alors je ne devienne plus qu’un jouet de bois

 

Au début tout semblait simplement parfait

Mais en secret ton plan machiavélique commençait

 

Par de petites attentions tu as gagné mon affection

Mais de ta bouche ne sortait que du poison

 

Manipulateur tu as vite cerné mes faiblesses

Pour ensuite me les rappeler et accentuer ma détresse

 

Petit à petit tu as tué tout ce que j’étais

Mais pas de chance pour toi, j’ai résisté

 

Tu disais m’aimer au delà des cieux

Mais je ne savais pas que l’amour laissait des bleus

 

On dit que la vengeance est un plat qui se mange froid

Me concernant c’est seulement pour revivre que je me bats

 

Je ne t’ai pas quitté je t’ai fui

Pour me protéger de tes coups et de ta folie

 

La violence conjugale n’a pas de raison

Si ce n’est d’être tombée sur le roi des cons

Toutes ces traces physiques que tu m’as laissées

Par des mains expertes ont été effacées

 

Des aiguilles et de l’encre ont embelli

Un corps qui trop jeune fut bien trop meurtri

 

Je me regarde désormais droite dans une glace

Et de tes mains je ne vois plus aucune trace

 

De superbes œuvres d’art que moi même j’ai créées

M’ont aidée à me réapproprier toute ma féminité

 

La peur, l’angoisse et la terreur étaient mon quotidien

Mais désormais je construis mon propre destin.

Citoyen du monde …

Quelle est cette détresse dans ton regard ?

Symbole de tristesse et de désespoir

Ne l’ai-je pas vue ni même remarquée

Ou ai-je fermé les yeux pour volontairement l’éviter ?

Sur ces longues routes tu as trop longtemps marché

A la recherche du bonheur et d’une vie en paix

Si près du but aujourd’hui tu te tiens

Mais sans personne pour te tendre la main

On te nomme réfugié, migrant

Mais aucun d’entre nous ne prend le temps

De te regarder, de te voir,

De connaître ton nom et ton histoire

De savoir pourquoi tu es parti

De cette terre que tu appelles ton pays

Mais c’est sans connaitre les raisons

De ce qui t’a amené si loin de ta maison

Que nous portons critique et jugement

Nous nantis depuis tout jeune enfant

 

Quelle est cette détresse dans ton regard ?

Je ne changerai plus jamais de trottoir

Pour risquer de croiser ton chemin.

Je t’aborderai et te tendrai la main

J’écouterai tes blessures et l’histoire de ta vie

Pour essayer de te redonner goût à celle ci

Un sourire, des yeux qui se croisent peuvent réchauffer une âme

Et dans ton cœur détenir le pouvoir de raviver une flamme

Et provoquer alors par nos liens, un monde bien meilleur

1h27

Au moins une dizaine je pense, pas moins en tout cas. Enfin qu’est ce que j’en sais, ce n’est pas comme si j’avais déjà tenté l’expérience auparavant. Avec une bonne vingtaine je pense que cela devrait fonctionner. Elle m’énerve à me fixer comme ça cette petite boîte rectangulaire. Si les objets pouvaient penser, elle saurait alors qu’elle détient mon avenir entre ses mains. Bon, c’est trop tard maintenant, j’ai trop réfléchi et voilà que j’ai peur. Putain il ne manquait plus que ça. On verra ça un autre jour, j’éteins la lumière.

Encore une nuit d’insomnie, encore une nuit où la noirceur des mes pensées a déferlé sur mon sommeil telle une vague scélérate. Il n’y a eu aucun survivant encore une fois et certainement pas moi. J’essaie de trainer hors de mon lit cette carcasse qui me sert de corps humain, d’enveloppe charnelle. Oui, voilà ce qu’il reste de moi, une enveloppe mais l’intérieur est devenu totalement vide. Un automate, un pantin de bois, c’est ce qu’il a fait de moi ! Lui, c’est ce pervers narcissique ou PN pour les intimes qui est entré dans ma vie il y a de cela 6 ans. Il l’a traversée, piétinée, démolie, ruinée, vous pouvez employer tous les termes que vous voulez ce ne sera jamais assez suffisant pour exprimer ce que j’ai vécu. L’horreur, la terreur, la peur de mourir mais l’envie en même temps ! Envie de ne plus respirer, de ne plus rien ressentir et surtout plus cette douleur qui m’écrase la poitrine telle une enclume. Si je pouvais changer le passé, je ferais en sorte de me péter une jambe le jour où je suis tombée sur lui. Tomber oui tiens ! Finalement c’est bien le mot car quand on tombe on se fait mal. Alors là je pense qu’on peut littéralement dire que je me suis bien cassé la gueule sur lui. Je sais que le passé est loin derrière, mais alors pourquoi s’il est passé il continue d’agir sur mon présent et me bloque complètement sur mon avenir. Y’a-t-il quelqu’un pour m’expliquer ? Elles ont le don de m’énerver ces belles phrases toutes faites comme quoi la vie est belle ! Elles sont écrites pour les gens heureux, pour les gens qui vivent avec des papillons dans le ventre, des yeux grands comme des personnages de manga et qui voient la vie en rose parce que «  whaouuuu mais elle est super belle la vie !! ». Bien sûr. Personnellement, la vie moi je la déteste, je la hais, je la maudis, je peux utiliser tous les synonymes possibles mais le résultat est le même. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai, tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes, envie d’avaler cette boite d’anxiolytique d’une traite. Mais bizarrement quelque chose me retient à cette vie. Je n’ai vraiment aucune idée de ce que cela peut être pour tout vous dire, mais à chaque fois que j’ai cette poignée de cachets dans les mains, quelque chose me retient. Une petite voix me dit «  avale, avale tout ! Tu vas t’endormir et enfin tu ne souffriras plus » mais une chose invisible empêche ma main d’aller jusqu’à ma bouche, quelque chose qu’on pourrait appeler l’espoir… Alors j’essaie de trouver le soleil derrière les nuages, cette lueur d’espoir qui me dirait «  tu vois tu as eu raison de ne pas avaler ces cachets ». Pour le moment je ne la vois pas, mais, je ne sais pas, un pressentiment me dit que l’espoir perdure tant que notre cœur bat. Alors pour le moment je le laisse battre et continue d’espérer.

Cet espoir me rattache à la vie. Est-ce-que je le dois à mon côté toujours optimiste ou idéaliste ? Je n’en sais rien, c’est peut-être un espoir de fou, mais c’est le mien alors je l’entretiens. La vie finira par me donner raison, elle finira par m’envoyer un signe qui me fera dire «  t’as bien fait de rester en vie ». Mais j’ignore combien de temps je vais encore tenir, j’ai l’impression d’être au bord d’une falaise et qu’une force invisible me pousse à sauter. Cela serait tellement plus simple… Ne plus rien ressentir …

J’ai tenu deux mois, mais les choses se compliquent, mon état se dégrade. Dire au revoir à ma famille et partir voilà ce qu’il me reste à faire. Entourée de mes parents, ma sœur et mon beau frère, perdue dans mes pensées, ballottée de droite à gauche entre le réconfort que leur présence m’apporte et la morbidité de mes projets, mes oreilles attentives captent un mot «  enceinte ». Soudain l’aigle noir qui tournoyait autour de moi s’éloigne d’un battement d’aile, j’aperçois une lumière, cette lumière que j’attendais depuis tellement de temps. Je demandais à la vie de me donner une raison de vivre, de me faire dire que croire en cet espoir était une bonne chose et en retour, la vie me donne … une autre vie. Une petite nièce, un petit bout de femme qui aura besoin d’une tatie en pleine forme pour lui apporter autant d’amour que possible, pour la guider à travers les chemins périlleux de la vie.

9 mois de grossesse, 9 mois à attendre, à prendre soin de ma sœur, la cajoler, lui dire combien je l’aime. Elle porte en elle l’espoir qui m’a maintenue en vie. Et puis par un beau matin du mois d’octobre, à 1h27 exactement, alors que dehors les feuilles commencent à tomber et recouvrent le sol de leurs couleurs rougeoyantes, mon espoir est venu au monde. Toi, petite fille au visage de poupon, tu es arrivée dans ma vie de la plus belle des manières. Tu m’as rappelé que perdre espoir c’est déjà perdre la vie. Il est bien plus facile de baisser les bras, d’abandonner, plutôt que de se battre pour une raison encore invisible, pour un motif abstrait qui ne viendra peut-être jamais. Je me suis battue pour toi, je me suis battue dans l’espoir de faire un jour ta connaissance. Tu as été mon chemin de traverse, mon garde fou. Tu as brillé dans ma vie tel le phare qui guide les marins perdus. Et puis je t’ai enfin tenue dans mes bras, toi si légère, si paisible, si sereine, sais-tu au fond de toi que je te dois la vie ? Que sans toi je ne serai sûrement plus là. Je t’espère depuis des années ma petite nièce, je t’espère pour faire de ma vie quelque chose de bien, pour remonter la pente, pour devenir plus forte et me reconstruire.

Je pensais qu’il m’avait tout pris, qu’il avait seulement été trop lâche pour achever le travail mais j’avais tort. Il a blessé mon cœur, mon corps et mon âme mais il ne m’a pas enlevé ma capacité d’espérer. Cet espoir a fait battre mon cœur, cet espoir m’a forcée à sourire, à respirer, à tenir debout, à tenir le coup. Quand dans le futur je plongerai mon regard dans le bleu océan de tes yeux, quand je caresserai tes cheveux dorés comme le soleil, j’y verrai la vie, j’y verrai le plus beau combat que j’ai mené et que grâce à toi j’ai remporté. Ma petite nièce j’essaierai d’être à la hauteur, de ne jamais te décevoir et surtout je t’apprendrai que le plus important dans la vie c’est de garder espoir, de se raccrocher à la moindre petite brindille pour l’attiser, le renforcer et s’y cramponner de toutes ses forces car espérer c’est vivre tout simplement.

Moi, Fille de France

Ne pleure pas maman, je suis ta fille, je te protège. Ne t’en fais pas ça va aller. Regarde, même si nous avons mal nous sommes toujours là. Ne pleure pas maman, c’est tout ce qu’ils attendent. Ils attendent que tu trembles, que tu mettes un genou à terre, que tu arrêtes de sourire, de chanter, de rayonner, parce que tu es rayonnante maman. Nous tes enfants, tu nous as si bien élevés. Tu nous as inculqué des valeurs très fortes et pour les obtenir tu t’es battue. Tu t’es battue pendant tellement d’années, car ils ne sont pas les premiers à essayer de te faire plier. Y’a eu notamment ce petit con avec sa drôle de moustache. Tu te souviens il gesticulait dans tous les sens comme un pantin de bois en levant bien haut son bras droit. Il t’a fait peur pendant de nombreuses années ce Pinocchio allemand, mais tu n’as pas fléchi. On t’est venu en aide bien sur mais ça ne sert pas à ça les voisins ? Et regarde maman, tu t’en es sortie. Tu as pansé tes blessures, pleuré tes enfants perdus, ces enfants qui sont ta fierté. Parce qu’à chaque fois que tu es en danger maman, nous tes enfants, on te défendra. Je suis désolée de te dire ça mais ils reviendront, eux ou d’autres d’ailleurs mais ils essayeront toujours de te faire mal. Tu sais pourquoi ? Parce que tu représentes tout ce qu’ils détestent maman. Tu es grande, libre, indépendante, et surtout, surtout, tu nous laisses nous tes enfants libres de nos propres choix. Avec une maman comme toi on a le droit d’aller à la messe le dimanche ou de le passer sous la couette parce qu’on a trop picolé la veille, de mettre des pantalons ou des jupes (parfois un peu trop courtes à ton goût), de se couper les cheveux comme les mecs ou de portes des tresses dignes de la reine des neiges. D’ailleurs si cette petite princesse blondinette avait été ta fille maman, on n’aurait jamais eu à nous casser les oreilles avec sa chanson, car libre et délivrée elle l’aurait été dès sa naissance. A leurs yeux maman tu es le mal incarné et pourtant si seulement ils pouvaient se rendre compte à quel point tu es belle. Ils ignorent l’innombrable quantité de qualités que tu possèdes et qui font notre plus grande fierté. Pourtant faut pas être idiot il suffit de regarder les noms qui te définissent «  or, émeraude, opale, nacre, fleurie, dorée, jade, lumières, beautés, azur, argent, sauvage, grâce, et surtout amour ». Faut pas être Einstein pour comprendre à quel point tu es merveilleuse. Mais bon, eux ils ne le voient pas et en même temps tant mieux parce qu’être aimé par des cons ça ne sert pas à grand chose et surtout ils ne méritent pas de t’aimer. Ils ne méritent pas de connaître le goût délicieux de tes fromages (et nous tes enfants savons que plus ils puent meilleur ils sont), de sentir l’odeur de ton pain chaud, de fouler le sable de tes plages de Dunkerque à Nice, de découvrir tes volcans, tes montagnes, de manger ton cassoulet, ta raclette, ton coq au vin, d’apprécier les bulles de ton champagne, d’écouter Barbara, Jean Jacques Goldman ou Kendji Girac, de découvrir l’histoire de Zadig écrite par Voltaire ou celle de Becassine par Emile-Joseph-Porphyre Pinchon. Ils n’ont pas mérité de rester béa devant la splendeur de tes couchers de soleil, la blancheur immaculée de tes falaises de craie, devant le bleu perçant de ta mer méditerranée, et la beauté indescriptible de ton banc d’Arguin. Je souhaite qu’ils n’aient jamais le droit de goûter à ta moutarde de Dijon, à ton vin de Bordeaux, à ton piment d’Espelette, et qu’ils ne puissent non plus être saisis par l’odeur de tes champs de lavande en Provence, par tes citrons de Menton et encore moins par ton camembert. Alors qu’ils ne t’aiment pas je m’en moque maman, t’aimer est une chance et un privilège dont ils n’auront jamais le droit.

Nous, on a le droit de tout grâce à toi maman et tu nous fais confiance. Bon ok parfois comme tout enfant on dérape un peu, on s’ignore un peu trop les uns les autres, on reste bloqué sur nos écrans de téléphone pour avoir un œil sur le monde au lieu de regarder ce qu’il se passe dans celui de notre frère ou de notre sœur. Mais dès qu’on s’en prend à l’un d’entre nous, alors là je t’assure qu’on se serre les coudes, on se prend dans les bras, on se rappelle combien on s’aime et combien on t’aime maman, et que personne ne te fera de mal. Tu as un peu plus de 66 millions d’enfants tu te rends compte ! Alors crois moi ce ne sont pas ces pauvres types avec leurs menaces et leurs revendications dignes du moyen âge qui vont nous faire peur. On tremble un peu oui c’est vrai, parce qu’on est humain, parce que nous sommes des êtres de chair et de sang, parce qu’on n’aime pas l’injustice et parce qu’on tient à toi. Mais ils ne nous feront pas changer nos habitudes, notre style de vie, notre identité que l’on revendique haut et fort. Nous sommes tes enfants depuis le jour où l’on a ouvert les yeux pour la première fois jusqu’au jour où la vie les fermera.

On nous a tiré dessus maman, mais ne t’en fais pas on va bien. On se relèvera comme toujours, ma France, ma patrie, ma mère, on nous a tiré dessus, mais on restera debout à jamais.